Circuit découverte n°1
Le 18 juin 2025, nous étions quelques-uns du groupe de travail à arpenter la belle vallée de la Hem, pour découvrir ou redécouvrir certaines de ses églises, leurs beautés discrètes, les richesses secrètes…
Nous vous proposons de découvrir à votre tour ce circuit « des quatre églises ».
Cet itinéraire est à parcourir en vélo ou en voiture.
Des boucles pédestres sont possibles au départ des églises.
Localisation des communes visitées
Données cartographiques : © IGN Plan Personnalisable
Nous vous proposons de découvrir ce circuit grâce à des itinéraires téléchargeables, correspondant à votre moyen de locomotion.
Automobile et vélo de ville
Distance : 27 km (15 premiers kilomètres par les petites routes dans le bocage, puis retour direct par la grand-route)
Téléchargement : circuit voiture
Étape 1 : Guémy
Données cartographiques : © IGN TOP 25 (Scan 25)
À Guémy, l’ancienne église désacralisée est toujours assez pimpante, fière de ses murs en craie, gardienne du cimetière qui accueille désormais les feus “Sarrasins” (habitants de Tournehem-sur-la-Hem).
Graffitis Détails de maçonnerie
Étape 2 : Audrehem
Données cartographiques : © IGN TOP 25 (Scan 25) Photo : Thadée Szalamacha
L’église d’Audrehem, construite sur un promontoire, était un poste avancé pour les Français au cours de la Guerre de Trente ans (début du XVIIe) : du haut de la tour ils voyaient à deux kilomètres les mouvements des troupes espagnoles… lesquelles détruisirent et incendièrent l’église primitive vers 1640. De cette église primitive, il ne subsiste aujourd’hui que le chœur du XVe et, adjacente au Nord-Est, la chapelle seigneuriale. L’église actuelle, hallekerke à trois nefs avec une tour carrée, a été reconstruite dès 1650, dans un style gothique simple. Le côté Sud est précédé d’un narthex : un porche qui a pour rôle de faire la transition entre l’extérieur et l’intérieur, symboliquement entre le profane et le sacré. Intégrée au côté Sud aussi, la tourelle qui abrite l’escalier menant au clocher.
Sur le côté Est, où s’incruste d’un côté l’ancienne chapelle seigneuriale devenue sacristie, un chevet plat abrite le chœur du XVe siècle. Et sur le mur du transept, une plaque commémorative honore Louis-Amédée Rappe, un enfant du pays baptisé dans cette église en 1801, devenu évêque de Cleveland aux États-Unis.
Face Sud. Photo : Sophie-Léger Chapelle seigneuriale
Face Sud, un rare exemple de narthex. Côté Ouest, on voit bien les trois nefs qui composent la hallekerke.
L’église était malheureusement fermée (il fallait en prendre la clé à la mairie… fermée) : nous n’avons pas pu en voir l’intérieur, que l’on sait particulièrement riche en mobilier, comme nous le montrent des photos faites lors d’une précédente visite.
Le maître-autel, dédié à Saint Médard Annonciation en albâtre, école de Van Eyck,
XVIe siècle
Saint Maur Saint Benoit Labre Saint Hubert
Nous vous proposons de compléter cette visite par un itinéraire pédestre (à télécharger).
Distance : 5.9 km
À voir au passage : de la cote 75 m au pied du Ropsart, puis la cote 100m, jusqu’à la cote 82 m où elle part vers Journy etc, cet itinéraire suit celui de l’ancienne voie ferrée Calais-Anvin (1882-1955) et dans sa partie Nord, la branche Bonningues-Le Portel.
Téléchargement : circuit Audrehem
Étape 3 : église de Sanghen et fontaine Saint-Martin
Données cartographiques : © IGN TOP 25 (Scan 25) Statue de Saint Martin à l’entrée de la grotte
Dans l’enclos de l’église de Sanghen, la fontaine Saint-Martin fut appréciée pour sa fraîcheur ; on y descend par quelques marches couvertes d’une tonnelle de verdure.
Un lieu unique, signalé par une petite statue équestre de Saint Martin placé dans une niche, au-dessus d’une source : son eau serait miraculeuse, favorisant la marche des petits enfants. D’où des ex-voto qui sont ici des chaussettes ou des petites chaussures…
La nef de l’église est couverte d’un berceau en bois ; le chœur carré et voûté daterait du XVème ou XVIème siècle. Le retable du maître-autel, surmonté d’une petite Nativité, est remarquable par ses boiseries (avec les quatre évangélistes, un évêque, un pape), et une grande peinture sur toile du XIXème siècle représentant Saint Martin. Trois “chandelles ou bannières”, en fait des couronnes, rappellent la coutume locale des “reines” de 16-19 ans qui ont accompagné le prêtre dans toutes les cérémonies jusqu’en 1989, comme dans les paroisses voisines de
Herbinghen et Alembon.
Il paraît que la cloche, “Marie”, est l’une des plus anciennes (1497) et des plus belles de toute la région ; elle a un son magnifique.
Le chœur Le maître-autel, sous la croisée d’ogives
Les trois “chandelles ou bannières” Notre-Dame de la Salette
Nous vous proposons de compléter cette visite par un itinéraire pédestre (à télécharger).
Distance : 5,1 km
À voir au passage : vue sur l’église abbatiale de Licques, chemins bocagers
Téléchargement : circuit Sanghen
Étape 4 : église d'Hocquinghen
Données cartographiques : © IGN TOP 25 (Scan 25)

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Enfin, décentrée elle aussi, sur son promontoire boisé et dans un cadre bucolique : la petite église d’Hocquinghen. D’allure modeste, elle peut se prévaloir d’être la seule église de la région à posséder un “campenard” abritant la cloche.
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<< Le campenard
De remarquables statues en bois du XVIIème siècle représentent à gauche du chœur Saint Nicolas, à droite Saint Norbert.
Juste devant le petit chœur, il y a une pierre tombale peu banale, relativement facile à déchiffrer.
Licques est toute proche ; ci-gît, mort très jeune, le seul moine enterré en dehors de l’abbaye, parce qu’il fut curé de la paroisse de Hocquinghen pendant plusieurs années :
« […] JB Martin religieux de l’abbeye de Licque et curé de cette paroisse décédé le 2- mars 1732 âgé de 33 ans […] »
C’est le seul moine de Licques enterré en dehors de l’abbaye.
Sainte Philomène…
Les six vitraux racontent la légende (controversée) de Sainte Philomène, figurée aussi grandeur nature dans une chasse de verre.
Le gisant de Sainte Philomène Sainte Philomène
Face à la porte d’entrée, le premier vitrail montre la jeune Philomène (qui n’aurait en fait que 12 ou 13 ans) présentée à l’empereur Dioclétien ; il la désira. Elle se refusa à lui. Les quatre vitraux suivants montrent les peines qu’il lui fit endurer, tant elle lui résistait : elle fut flagellée ; jetée dans le Tibre attachée à une ancre (des anges la sauvèrent) ; percée de flèches… Elle survivait. Elle fut alors décapitée.
Sauf que cette histoire, qui se rapporte à des restes trouvés lors de fouilles à Rome en 1802, est le récit de la vision qu’a eue une religieuse de Naples, Mère Marie Louise de Jésus, à qui Philomène est apparue pour lui révéler son martyre ; récit transcrit par l’humble chanoine qui avait transporté les restes, avec la fiole de sang séché qui les accompagnait, jusque l’église de Mugnano del Cardinale près de Naples. Il s’y était produit depuis lors (1805) des guérisons et des miracles de toute sorte.
En 1827, le pape Léon XII fit présent à cette église des trois dalles en argile que l’on avait trouvées devant le tombeau : leurs inscriptions et les emblèmes avaient fondé le prénom et le martyre supposé de la sainte, dont le culte fut officialisé par le pape Grégoire XVI. Elle devint la “Petite Sainte” vénérée par le Curé d’Ars (1786-1859). On la fêtait le 11 août.
Les gravures sur les trois dalles montrent une palme (symbole du triomphe des martyrs), un lys (symbole de pureté), deux flèches, une lance (5), et deux ancres (1, 4). L’ancre est un symbole d’espérance et de martyre : la jeune fille, adoptée entre autres comme patronne des bateliers, est vénérée dans des endroits où la batellerie est ou a été importante ; comme la statue d’Hocquinghen, Sainte Philomène est souvent figurée avec une ancre.
Telles qu’on les a trouvées, la disposition des trois dalles a été l’un des éléments qui a remis en cause le culte de Philomène. L’ordre des plaques funéraires (ici : LUMENA – PAX TE – CUM FI) était couramment bouleversé par les “fossores” du IVe siècle, voulant avertir les fidèles que le corps renfermé dans la tombe n’était pas celui du défunt dont le nom était visible sur la plaque, mais celui d’un obscur chrétien sans épitaphe. En premier lieu, ce devait être “PAX TECUM FILOMENA”.
D’autre part, les tombes de martyrs ne portaient pas le vœu “La Paix soit avec toi” : sûr, ils avaient déjà gagné le Paradis ! On demandait plutôt leur intercession.
C’est ainsi que les progrès de l’archéologie chrétienne, et le fait qu’aucune source antique ne mentionnait le martyre d’une Philomène, amenèrent le pape Jean XXIII à la faire rayer du calendrier des saints, en 1961.
Cependant, cela ne signifie pas l’interdiction d’une dévotion privée envers Sainte Philomène. Des messes en son nom ont encore lieu en Belgique ; elle a conservé de nombreux fidèles dans les paroisses des environs, et outre Hocquinghen, elle est représentée par exemple à Nielles-les-Ardres, Tournehem ou Norbécourt (ci-contre). >>>
La visite du presbytère demande une autorisation spéciale auprès de la mairie, puisque loué à un particulier.
Nous vous proposons de compléter cette visite par un itinéraire pédestre (à télécharger).
Distance : 7,4 km
À voir au passage : village de Sanghen, abbatiale de Licques, pisciculture, monts d’Éclémy et de Sanghen, panorama sur la vallée de la Hem ; et le “manoir” des anciens seigneurs de la Follye (grosse ferme en fin de parcours, mais visible depuis l’église).
Téléchargement : circuit Hocquinghen
Les églises de la vallée, souvent marquées de l’empreinte médiévale, ont en commun de s’accorder parfaitement avec le bocage vallonné et les côteaux calcaires de la boutonnière du pays de Licques.
